Sommaire :
Justificatifs à conserver et logique de contrôle fiscal
Pour justifier des frais kilométriques au titre des frais réels, aucun justificatif n’est joint à la déclaration d’impôt sur le revenu au moment de la démarche en ligne. En revanche, l’administration fiscale française peut demander à tout moment, dans le cadre d’un contrôle, la production des éléments permettant de prouver la réalité des frais professionnels déclarés. L’obligation porte donc sur la conservation des justificatifs et sur la capacité à démontrer la cohérence du calcul des frais kilométriques avec votre situation personnelle et professionnelle au cours de l’année concernée, par exemple l’année 2026 pour les revenus 2025 déclarés en 2026.
L’enjeu est double : prouver l’existence du véhicule utilisé, la réalité des déplacements effectués et le lien direct avec l’activité professionnelle. En cas d’absence de documentation ou d’incohérence entre le montant déclaré et les données réelles, l’administration fiscale peut remettre en cause la déduction fiscale, recalculer l’impôt et appliquer des intérêts de retard, voire une amende en cas de mauvaise foi caractérisée.
Les preuves du véhicule, des trajets et de l’activité professionnelle
Pour justifier des frais kilométriques, vous devez être en mesure de présenter des justificatifs relatifs au véhicule, aux trajets domicile-travail ou aux déplacements professionnels, ainsi qu’à votre activité.
Concernant le véhicule utilisé, la carte grise constitue le justificatif principal. Elle permet de vérifier la puissance fiscale en chevaux, paramètre indispensable pour appliquer correctement le barème kilométrique publié chaque année par l’administration fiscale. La puissance administrative inscrite sur la carte détermine le taux applicable au kilomètre parcouru. Si le véhicule est électrique, la mention correspondante doit également apparaître, car des règles spécifiques peuvent s’appliquer. En cas de véhicule personnel non immatriculé à votre nom, vous devez pouvoir justifier de son utilisation régulière dans le cadre de votre activité professionnelle, par exemple par une attestation du propriétaire.
S’agissant des trajets, vous devez pouvoir démontrer la distance parcourue entre votre résidence principale et votre lieu de travail, ainsi que le nombre de jours travaillés dans l’année. La distance peut être établie à l’aide d’un outil cartographique reconnu ou d’un simulateur, en conservant une capture d’écran datée ou un relevé détaillé. Le nombre de kilomètres parcourus doit être cohérent avec votre contrat de travail, vos bulletins de salaire ou tout document attestant de votre présence effective sur le lieu de travail. La tenue d’un carnet de bord ou d’un tableau de suivi du kilométrage est fortement recommandée pour assurer une gestion rigoureuse des frais de déplacement. Ce document peut mentionner la date, le trajet, le motif professionnel et le nombre de kilomètres parcourus.
Pour les déplacements professionnels autres que le trajet domicile-travail, vous devez conserver les éléments justifiant le caractère professionnel du déplacement : convocation à un rendez-vous, ordre de mission, facture client, note de frais validée par l’employeur ou tout document lié à l’activité de l’entreprise. L’administration fiscale vérifie que la dépense est nécessaire à l’activité professionnelle et qu’elle n’a pas un caractère personnel.
Enfin, pour établir le lien avec votre activité, vous devez pouvoir produire des justificatifs relatifs à votre statut : contrat de travail pour un salarié, attestation d’activité pour un indépendant ou un entrepreneur, inscription au registre correspondant, ou tout document attestant de l’exercice d’une activité professionnelle au cours de l’année déclarée. Ces éléments permettent de démontrer que les frais kilométriques déclarés correspondent bien à des frais professionnels déductibles et non à des dépenses personnelles.
Ce que vous n’avez pas à envoyer, mais devez pouvoir produire
Lors de la déclaration de revenus sur votre espace personnel du site impots.gouv, vous n’avez pas à transmettre automatiquement vos justificatifs de frais kilométriques. La déclaration est effectuée sur la base des montants calculés, et l’administration fiscale n’exige pas l’envoi de la carte grise, du carnet de bord ou des factures de carburant au moment de remplir le formulaire.
En revanche, vous devez conserver l’ensemble des justificatifs pendant le délai légal de reprise de l’administration, qui est en principe de trois ans à compter de l’année suivant celle au titre de laquelle l’impôt est dû. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, les documents doivent être conservés au moins jusqu’au 31 décembre 2029. Ce délai permet à l’administration fiscale d’exercer un contrôle et de demander la production des pièces.
Vous devez également être en mesure d’expliquer la méthode utilisée pour le calcul des frais kilométriques : distance retenue, nombre de jours travaillés, puissance fiscale du véhicule, application du barème kilométrique en vigueur pour l’année concernée. En cas de demande de l’administration, il est essentiel de pouvoir reconstituer étape par étape le calcul des frais et de démontrer que le montant déclaré correspond à une dépense réelle et justifiée.
Ne pas envoyer les justificatifs ne signifie donc pas qu’ils sont inutiles. L’absence de pièces en cas de contrôle peut conduire à la remise en cause de la déduction des frais et à un rappel d’impôt sur le revenu, avec intérêts de retard. Conserver une documentation complète et structurée est la condition indispensable pour sécuriser votre déduction fiscale et justifier vos frais kilométriques auprès de l’administration fiscale française.
Conditions de déduction et périmètre des trajets concernés
Trajet domicile-travail vs déplacements professionnels : ce qui est admis
Pour déduire des frais kilométriques au titre des frais réels, les trajets doivent être directement liés à l’activité professionnelle et nécessaires à l’exercice de cette activité. Deux grandes catégories sont admises par l’administration fiscale en 2026 pour l’impôt sur le revenu : le trajet domicile-travail et les déplacements professionnels effectués en cours de journée.
Le trajet domicile-travail correspond aux déplacements quotidiens entre la résidence principale et le lieu de travail habituel. Ces frais de transport sont considérés comme des frais professionnels déductibles lorsque vous optez pour la déduction des frais réels au lieu de la déduction forfaitaire de 10 %. Le véhicule utilisé peut être un véhicule personnel, thermique ou électrique, dès lors qu’il est effectivement employé pour ces trajets. La déduction s’effectue selon le barème kilométrique publié pour l’année concernée, en tenant compte du nombre de kilomètres parcourus et de la puissance fiscale du véhicule.
Les déplacements professionnels, distincts du simple trajet domicile-travail, regroupent les déplacements effectués pour les besoins de l’entreprise ou de l’activité professionnelle : rendez-vous chez un client, mission ponctuelle sur un autre site, déplacement sur un chantier, visite d’un partenaire ou d’une collectivité publique. Ces frais de déplacement sont également déductibles, à condition qu’ils soient justifiés par des éléments concrets liés à l’activité. Pour un salarié, ils ne doivent pas avoir été intégralement remboursés par l’employeur sous forme d’indemnité kilométrique. Pour un indépendant ou un entrepreneur, ils doivent être enregistrés en comptabilité comme frais professionnels.
En revanche, les trajets purement personnels, même effectués le même jour qu’un déplacement professionnel, ne sont pas déductibles. Il n’est pas possible de déduire des frais liés à des déplacements de convenance personnelle, à des détours non justifiés par l’activité professionnelle ou à des trajets vers un lieu de séjour secondaire sans lien direct avec le travail. L’administration fiscale vérifie que chaque kilomètre retenu dans le calcul des frais correspond à une dépense engagée dans l’intérêt exclusif de l’activité professionnelle.
Règles de distance et situations de référence (résidence, lieu de travail)
La distance prise en compte pour les frais kilométriques domicile-travail est encadrée par des règles précises en vigueur en 2026. Le principe général est la prise en compte d’un aller-retour quotidien entre la résidence principale et le lieu de travail, dans la limite de 40 kilomètres par trajet simple, soit 80 kilomètres par jour travaillé.
Si la distance entre le domicile et le lieu de travail dépasse 40 kilomètres pour un trajet simple, la fraction excédentaire n’est admise en déduction que si elle est justifiée par des circonstances particulières : absence d’emploi plus proche du domicile, contraintes familiales ou sociales, mutation professionnelle, difficultés de logement à proximité du lieu de travail, ou activité spécifique nécessitant ce choix de résidence. Ces éléments doivent pouvoir être démontrés en cas de contrôle.
La résidence prise en compte est la résidence principale, c’est-à-dire le lieu où se situe le centre des intérêts personnels et professionnels du foyer fiscal. En cas de double résidence pour motif professionnel, les règles spécifiques relatives aux frais de double résidence s’appliquent et peuvent permettre la déduction de certains frais supplémentaires, sous conditions strictes.
Le nombre de jours retenus pour le calcul des frais doit correspondre aux jours effectivement travaillés dans l’année, en excluant les congés, arrêts maladie ou jours de télétravail lorsqu’aucun déplacement n’a été effectué. Pour un salarié à temps plein, ce nombre est généralement compris entre 200 et 230 jours selon l’année, mais il doit être déterminé précisément à partir des données réelles de l’année considérée.
La distance parcourue doit être la plus courte distance normale entre le domicile et le lieu de travail, sauf justification d’un itinéraire différent pour des raisons objectives telles que la sécurité ou l’état du réseau routier. Le calcul des frais doit donc reposer sur des paramètres cohérents : distance exacte, nombre de jours travaillés, puissance fiscale du véhicule et application correcte du barème kilométrique publié pour l’année de déclaration.
Choisir la bonne méthode de déduction : frais réels ou déduction forfaitaire
En matière de calcul d’impôt sur le revenu, deux méthodes permettent de tenir compte des frais professionnels : la déduction forfaitaire automatique de 10 % ou l’option pour les frais réels. Le choix est annuel et s’effectue au moment de la déclaration. Il a un impact direct sur le montant imposable et doit être cohérent avec la nature et le niveau des dépenses engagées, notamment les frais kilométriques.
La déduction forfaitaire de 10 % est appliquée automatiquement par l’administration fiscale sur les salaires déclarés. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, cette déduction est calculée avec un minimum de 504 euros et un plafond de 14 171 euros par membre du foyer fiscal concerné. Elle couvre l’ensemble des frais professionnels présumés : transport, repas, documentation, petit matériel. Aucune justification n’est exigée lorsque vous conservez cette option.
À l’inverse, si vous optez pour les frais réels, vous renoncez à cette déduction forfaitaire et vous devez déclarer le montant exact des dépenses professionnelles engagées, calculé selon une méthode précise et justifiable.
Quand les frais réels deviennent plus avantageux que l’abattement de 10 %
Les frais réels deviennent plus avantageux dès lors que le total des dépenses professionnelles effectivement engagées dépasse le montant de la déduction forfaitaire de 10 % applicable à vos revenus. La comparaison doit être effectuée chaque année, en tenant compte de l’ensemble des frais déductibles : frais kilométriques calculés selon le barème kilométrique, frais de repas non couverts par des titres-restaurant (frais de repas impôts), frais de double résidence, frais de formation professionnelle, dépenses spécifiques liées à l’activité.
Prenons un exemple concret pour l’année 2025 déclarée en 2026. Un salarié perçoit 30 000 euros de revenu brut imposable. La déduction forfaitaire de 10 % s’élève à 3 000 euros. Si le calcul des frais réels, incluant les frais kilométriques fondés sur la distance parcourue, la puissance fiscale du véhicule personnel et le nombre de jours travaillés, aboutit à 4 200 euros, l’option pour les frais réels permet de réduire le revenu imposable de 4 200 euros au lieu de 3 000 euros. L’économie fiscale dépend ensuite du taux marginal d’imposition applicable au foyer fiscal.
En revanche, si le total des frais professionnels n’atteint que 2 500 euros, conserver la déduction forfaitaire reste plus avantageux. L’option pour les frais réels n’est donc pertinente que si elle permet une déduction supérieure au forfait automatique. Il convient également de prendre en compte la charge administrative : gestion des justificatifs, conservation des factures, suivi du kilométrage et capacité à justifier chaque dépense en cas de contrôle.
Le choix s’effectue au moment de remplir la déclaration en ligne, en sélectionnant l’option correspondante et en renseignant le montant total des frais réels dans la rubrique dédiée. Cette option n’est pas reconduite automatiquement d’une année sur l’autre : il faut la confirmer chaque année si elle reste plus favorable.
Indemnités et remboursements employeur : impact sur la déduction possible
Lorsque l’employeur verse une indemnité kilométrique ou rembourse tout ou partie des frais de transport, l’impact sur la déduction doit être analysé avec précision. Une dépense déjà prise en charge ne peut pas être déduite une seconde fois.
Si l’employeur rembourse intégralement les frais kilométriques selon un barème conforme aux règles fiscales, les sommes correspondantes sont en principe exonérées d’impôt et ne doivent pas être ajoutées au revenu imposable. Dans ce cas, vous ne pouvez pas déduire à nouveau ces frais au titre des frais réels.
Si le remboursement est partiel, vous pouvez déduire la différence entre le montant des frais réellement calculés et la part remboursée. Par exemple, si le calcul des frais kilométriques aboutit à 3 500 euros et que l’employeur rembourse 2 000 euros, vous pouvez déduire 1 500 euros, sous réserve d’avoir opté pour les frais réels.
Lorsque l’indemnité versée par l’employeur dépasse le montant calculé selon le barème kilométrique, la fraction excédentaire peut être considérée comme un avantage imposable et doit être intégrée dans le revenu fiscal. La cohérence entre le montant déclaré, les remboursements perçus et le calcul des frais est un point fréquemment vérifié par l’administration fiscale.
Pour les indépendants et entrepreneurs, la logique diffère : les frais kilométriques constituent une charge déductible en comptabilité, sous réserve de respecter la méthode retenue et les règles propres au statut juridique. Toutefois, ils ne peuvent pas cumuler une indemnité et une déduction pour la même dépense.
Avant d’opter pour les frais réels, il est donc indispensable d’analyser l’ensemble des remboursements perçus, la nature des indemnités versées et l’effet sur le revenu imposable afin de choisir la méthode de déduction la plus pertinente pour l’année concernée.
Calculer les frais kilométriques avec le barème : données à préparer et règles de calcul
Pour calculer les frais kilométriques au titre des frais réels, vous devez appliquer le barème kilométrique publié par l’administration fiscale pour l’année de référence. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, le barème applicable est celui publié au printemps 2026 et fondé sur la puissance fiscale du véhicule et le nombre de kilomètres parcourus dans l’année. Le calcul des frais doit être précis, cohérent et intégralement justifiable.
Le montant obtenu correspond à la déduction fiscale que vous pourrez déclarer en remplacement de la déduction forfaitaire de 10 %, sous réserve que cette option soit plus avantageuse.
Distance, jours travaillés, puissance fiscale : les paramètres incontournables
Trois paramètres structurent le calcul des frais kilométriques : la distance parcourue, le nombre de jours travaillés et la puissance fiscale du véhicule personnel utilisé.
La distance retenue correspond à la distance la plus courte entre la résidence principale et le lieu de travail, multipliée par deux pour un aller-retour. Elle doit respecter les plafonds et conditions exposés précédemment. Cette distance, exprimée en kilomètres, est ensuite multipliée par le nombre de jours réellement travaillés dans l’année. Il convient d’exclure les congés, arrêts maladie et jours de télétravail sans déplacement.
Le résultat obtenu correspond au nombre de kilomètres parcourus dans l’année pour les trajets domicile-travail. Si vous effectuez également des déplacements professionnels distincts, ces kilomètres doivent être ajoutés au total annuel, à condition qu’ils soient liés à l’activité professionnelle.
La puissance fiscale, exprimée en chevaux, figure sur la carte grise du véhicule. Elle détermine le taux appliqué dans le barème kilométrique. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, le barème kilométrique pour les voitures est structuré comme suit :
Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Dans ces formules, d correspond au nombre total de kilomètres parcourus à titre professionnel dans l’année. Le calcul des frais doit être effectué en fonction de la tranche correspondant au kilométrage annuel. Le barème est appliqué automatiquement si vous utilisez un simulateur officiel, mais vous devez être en mesure d’en reproduire le détail.
Ce que le barème inclut déjà et ce qui peut s’ajouter dans certains cas
Le barème kilométrique intègre déjà un ensemble de dépenses liées à l’utilisation du véhicule. Il couvre notamment le carburant, l’entretien courant, les pneumatiques, l’assurance, la dépréciation du véhicule et les frais de réparation. Ces éléments ne doivent donc pas être ajoutés séparément lorsque vous utilisez le barème, sous peine de double déduction.
En revanche, certains frais peuvent s’ajouter au montant calculé selon le barème kilométrique. C’est le cas des frais de péage, des frais de stationnement ou des intérêts d’emprunt liés à l’achat du véhicule, sous conditions. Ces dépenses doivent être directement liées à l’activité professionnelle et pouvoir être justifiées par des factures ou relevés précis.
Si vous choisissez de ne pas utiliser le barème kilométrique et d’opter pour une méthode fondée sur les dépenses réellement supportées, vous devez alors détailler chaque poste de dépense : carburant, assurance, entretien, amortissement, frais de garage. Cette méthode suppose une gestion comptable rigoureuse et la conservation de l’ensemble des justificatifs. Elle est rarement utilisée par les salariés, mais peut concerner certains indépendants ou entrepreneurs selon leur situation.
Le choix entre barème kilométrique et calcul détaillé des frais réels doit être cohérent avec votre situation et permettre une déduction des frais conforme aux règles de l’administration fiscale française pour l’année déclarée.
Déclarer correctement les frais kilométriques sur la déclaration de revenus
Où reporter le montant (cases 1AK à 1DK) et comment le présenter
Pour déclarer des frais kilométriques au titre des frais réels, vous devez indiquer le montant total de vos frais professionnels dans la rubrique dédiée aux frais réels de la déclaration d’impôt sur le revenu. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, cette déclaration s’effectue principalement en ligne, via votre espace personnel sur le site de l’administration fiscale française.
Le montant des frais réels, incluant les frais kilométriques calculés selon le barème kilométrique applicable à l’année, doit être reporté dans les cases 1AK à 1DK de la déclaration 2042, selon votre situation (déclarant 1, déclarant 2, etc.). Ces cases correspondent aux traitements et salaires pour lesquels vous optez pour la déduction des frais réels au lieu de la déduction forfaitaire de 10 %. Le système désactive alors automatiquement l’abattement forfaitaire et applique la déduction du montant que vous avez déclaré.
Le montant à reporter doit correspondre au total des frais professionnels engagés dans l’année, et non uniquement aux frais de déplacement. Vous devez additionner l’ensemble des dépenses déductibles : frais kilométriques, frais de repas non remboursés, éventuels frais de double résidence, et autres dépenses professionnelles justifiées. Le calcul des frais doit être réalisé en amont, sur la base des paramètres retenus : distance parcourue, nombre de jours travaillés, puissance fiscale du véhicule, application correcte du barème.
Il n’est pas demandé de joindre un justificatif lors de la déclaration en ligne. En revanche, vous devez être en mesure de détailler le calcul en cas de demande. Il est recommandé de conserver un document récapitulatif clair mentionnant le nombre de kilomètres parcourus, la formule appliquée, le montant obtenu et les autres frais ajoutés. Cette présentation facilite la lecture et la gestion en cas de contrôle.
Cohérence du montant déclaré et éléments à garder en cas de demande du fisc
Le montant déclaré au titre des frais réels doit être cohérent avec votre situation professionnelle, votre revenu et votre lieu de travail. L’administration fiscale analyse notamment le rapport entre le salaire perçu et le montant des frais déclarés. Un montant très élevé par rapport au revenu fiscal peut déclencher une demande d’information complémentaire.
En cas de contrôle, vous devez pouvoir produire l’ensemble des éléments permettant de justifier la déduction : détail du calcul des frais kilométriques, barème kilométrique utilisé pour l’année concernée, distance domicile-travail retenue, nombre de jours travaillés, justificatifs des déplacements professionnels supplémentaires, ainsi que toute information attestant de votre activité professionnelle. Le carnet de bord, les tableaux de suivi du kilométrage et les documents internes de l’entreprise peuvent servir d’appui.
Vous devez également conserver les justificatifs relatifs aux éventuels remboursements perçus de votre employeur. Si une indemnité kilométrique a été versée, le montant déduit doit correspondre uniquement à la part non remboursée. Toute incohérence entre les sommes perçues et les frais déduits peut entraîner une rectification.
L’administration fiscale dispose en principe d’un délai de reprise de trois ans pour contrôler la déclaration. Pendant cette période, vous devez conserver l’ensemble des documents justificatifs. En cas d’erreur ou d’insuffisance de justification, un redressement peut être notifié, assorti d’intérêts de retard et, le cas échéant, d’une amende en cas de manquement délibéré.
Déclarer correctement les frais kilométriques implique donc une cohérence complète entre le calcul, le montant inscrit dans la déclaration et les pièces conservées. Cette rigueur conditionne la validité de la déduction fiscale et la sécurité de votre situation vis-à-vis de l’administration fiscale française.



